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Private equity : 1 300 milliards de dollars à investir, mais des distributions toujours faibles

• 6 min de lecture • Private equity

Le capital-investissement a rebondi en 2025, avec 904 milliards de dollars de rachats d'entreprises dans le monde (+44 %). Pourtant, les distributions versées aux investisseurs restent à 14 % de la valeur nette d'inventaire, un niveau qu'on n'avait pas vu depuis 2008-2009. Le rendement affiché compte moins que le moment où le cash revient.

Le petit expert patrimonial, bras croisés et l'air soucieux, regarde une chaîne de montage où deux bras robotisés étiquetés « création de valeur » et « synergies » alimentent un tapis roulant qui aboutit à une sortie marquée « liquidité »
« Le rendement se réalise au retour de la liquidité »

L'essentiel en 30 secondes

  • En 2025, la valeur des rachats d'entreprises atteint 904 Md$ (+44 %) et celle des sorties 717 Md$ (+47 %), mais 13 opérations de plus de 10 Md$ expliquent 69 % de la hausse (Bain).
  • Les distributions représentent 14 % de la valeur nette d'inventaire, moins de 15 % depuis quatre ans, un record (Bain, d'après MSCI).
  • Le stock : 32 000 sociétés non cédées, d'une valeur de 3 800 Md$, détenues en moyenne près de 7 ans à la sortie, contre 5 à 6 ans en 2010-2021 (Bain).
  • En France, le TRI net sur dix ans ressort à 10,7 % à fin 2025, contre 12,3 % un an plus tôt (France Invest et EY).

Le rebond de 2025 a-t-il réglé la question de la liquidité ?

Non. Selon Bain & Company, la valeur mondiale des rachats d'entreprises a bondi de 44 % en 2025, à 904 Md$, et celle des sorties de 47 %, à 717 Md$, deux totaux parmi les meilleurs de l'histoire du secteur. Mais le nombre d'opérations a reculé de 6 %, et hors opérations de plus de 10 Md$ la valeur n'a progressé que de 16 % (Bain, Global Private Equity Report 2026).

Bain parle d'une reprise « en K » : portée par quelques très grandes opérations, tandis que les distributions restent faibles et que la levée de fonds est difficile. Les gérants disposent par ailleurs de 1 300 Md$ de capitaux non encore investis (dry powder), qui pèsent sur eux pour déployer le capital.

Que mesurent le DPI et la part de distributions dans la NAV ?

Deux indicateurs se côtoient et se confondent souvent. Le DPI (Distributions to Paid-In) rapporte les sommes réellement distribuées aux capitaux appelés : c'est le « retour effectif ». Le RVPI rapporte la valeur estimative du fonds aux capitaux appelés : c'est le « retour à venir ». Leur somme donne le multiple global (TVPI), et le TRI intègre cette valeur estimée (France Invest et EY, définitions et méthodologie).

Les distributions en pourcentage de la valeur nette d'inventaire (NAV) sont un autre indicateur : le flux distribué sur douze mois, rapporté à la valeur résiduelle des fonds. Selon Bain, il est stable à 14 % sur les douze mois d'octobre 2024 à septembre 2025, un niveau inédit depuis 2008-2009, et inférieur à 15 % depuis quatre ans.

La nuance compte : une valeur estimée n'est pas du cash. Tant que les sociétés ne sont pas vendues, une partie du rendement affiché repose sur des valorisations.

Pourquoi les sorties prennent-elles autant de temps ?

Bain recense environ 32 000 sociétés non cédées dans les portefeuilles, pour 3 800 Md$ de valeur. La durée moyenne de détention à la sortie approche 7 ans, contre 5 à 6 ans en moyenne entre 2010 et 2021, et près de 40 % des sociétés sont détenues depuis plus de cinq ans, contre 29 % en 2019.

Le temps coûte du rendement. Sur les millésimes 2000 à 2015, le TRI commence à stagner autour de la septième année, puis décline ; le multiple médian se met à plafonner après la huitième année (Bain). Les gérants ont donc intérêt à vendre, mais les sociétés achetées en 2021-2022 à des prix élevés demandent beaucoup de croissance pour justifier leur valorisation.

Les fonds de continuation et le marché secondaire sont-ils une issue ?

Un fonds de continuation transfère un actif d'un fonds arrivé à terme vers un nouveau véhicule, le gérant en conservant le contrôle. Selon Bain, ces opérations ont progressé de 62 % en 2025, mais représentent moins de 10 % de la valeur des sorties. L'ensemble des transactions secondaires, qu'elles soient menées par des gérants ou par des investisseurs, a progressé de 41 %.

Les investisseurs restent réservés : d'après la même source, ils tolèrent en général au plus un fonds de continuation par an de la part d'un même gérant. Notre lecture : le gérant propose l'opération et en garde la main, ce qui impose d'examiner la façon dont le prix est fixé et les options laissées à l'investisseur (vendre ou reconduire).

Que montrent les chiffres français ?

Capital-investissement français, à dix ansFin 2024Fin 2025
TRI net12,3 %10,7 %
DPI (retour effectif)0,56x0,60x
RVPI (retour à venir)0,87x0,81x
Multiple global (TVPI)1,43x1,41x

L'étude France Invest et EY, publiée le 25 juin 2026, analyse 1 417 fonds de 200 sociétés de gestion, rendements nets de frais de gestion et d'intéressement (carried interest). À dix ans, le TRI net reste élevé mais recule ; le DPI s'améliore légèrement, mais après dix ans, 0,60 € seulement ont été distribués pour 1 € appelé, le reste restant à réaliser.

Quel verrouillage pour un épargnant français ?

  • FCPR : au moins 50 % de l'actif doit être investi en titres non cotés (art. L. 214-28, I, CMF). Les porteurs ne peuvent demander le rachat de leurs parts avant l'expiration d'une période qui ne peut excéder quinze ans (même article, VII).
  • FPCI : la souscription est réservée aux investisseurs mentionnés à l'article L. 214-144, c'est-à-dire aux clients professionnels et, dans les conditions fixées par le règlement général de l'AMF, à certains autres investisseurs (art. L. 214-160, I, CMF ; art. L. 214-144).
  • ELTIF 2 : depuis le 10 janvier 2024, un ELTIF ne peut être commercialisé auprès d'un investisseur de détail qu'après une évaluation de l'adéquation et la remise d'une déclaration d'adéquation (art. 30). Pas de rachat avant la fin de vie du fonds, sauf si ses statuts prévoient des rachats en cours de vie, avec période de détention minimale, politique de rachat, outils de gestion de la liquidité et rachats plafonnés (art. 18) (règlement (UE) 2023/606).

Dans tous les cas, c'est le règlement du fonds, et non l'envie de sortir, qui fixe la date à laquelle votre capital redevient disponible.

Trois questions à poser avant tout engagement

  1. Quel est le DPI des derniers millésimes du gérant ? Pas seulement le TRI : le cash déjà rendu.
  2. Quelle part de mon patrimoine sera réellement disponible dans cinq ans ? Faites le calcul fonds par fonds, règlement en main.
  3. Que se passe-t-il si le gérant propose un fonds de continuation ? Qui fixe le prix, et quelles options m'offre-t-on ?

Ce qu'il faut retenir

Le rebond de 2025 est réel, mais étroit : quelques très grandes opérations, et des distributions qui restent à 14 % de la valeur nette d'inventaire. La liquidité, pas la taille du marché, est la variable à surveiller.

Pour un patrimoine privé, il faut distinguer trois montants : le capital engagé, le capital valorisé sur le papier et le capital réellement disponible. Seul le troisième permet de payer une cession, un achat ou une transmission.

Chez Arkalyans, notre métier consiste précisément à cela : mesurer la liquidité réelle de ce que vous détenez déjà, avant d'envisager d'y ajouter.

Savez-vous quelle part de votre patrimoine sera réellement disponible dans cinq ans ?

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Avertissement

Le private equity est un actif non coté soumis à un risque de perte en capital. Les fonds sont illiquides par nature : votre capital peut être bloqué pendant toute la durée du véhicule, sans possibilité de rachat à la demande (pour un fonds commun de placement à risques, la période pendant laquelle le rachat ne peut pas être demandé peut aller jusqu'à quinze ans).

Les performances passées et les TRI historiques ne préjugent pas des performances futures. Les chiffres de cet article (valeurs de transactions, distributions, TRI, DPI) sont issus des études citées, pour les périodes indiquées ; ils ont une valeur indicative et peuvent varier significativement selon les millésimes, les gérants et les stratégies. Les performances nettes françaises sont celles d'un échantillon de fonds, non d'un fonds en particulier. Le traitement fiscal dépend de la situation de chacun et est susceptible d'évoluer.

Cet article est publié par ARKALYANS à des fins d'information générale et de présentation de ses services. Il ne constitue ni un conseil en investissement, ni une recommandation personnalisée en matière d'assurance, ni une consultation juridique ou fiscale, et ne tient pas compte de votre situation personnelle. Il ne constitue pas non plus une offre, une sollicitation ou une incitation à souscrire, acheter ou vendre un instrument financier ou un contrat d'assurance.

Un conseil adapté suppose l'analyse préalable de votre situation, de vos objectifs, de vos connaissances, de votre expérience et de votre tolérance au risque. ARKALYANS ne le délivre que dans le cadre d'une relation formalisée : remise du document d'entrée en relation, recueil de vos informations et, en assurance, de vos exigences et besoins, lettre de mission, puis conseil écrit et motivé.

ARKALYANS est conseiller en investissements financiers (CIF) et courtier en assurance, immatriculée à l'ORIAS sous le n° 26012232 (www.orias.fr).

Sources

Mots-clés

Private Equity Capital-Investissement Liquidité DPI Distributions TRI Net Fonds De Continuation Marché Secondaire FCPR ELTIF