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Bourse sur 15 ans : l'hypothèse qui fait ou défait votre plan patrimonial

• 5 min de lecture • Marchés financiers

Sur quinze ans, la Bourse américaine a rapporté, selon la période, de presque rien à près de 19 % par an. Le rendement retenu dans votre plan patrimonial n'est donc pas un détail technique. Sur 1 million d'euros, passer de 4 % à 7 % par an change le résultat de près d'un million.

Le petit expert patrimonial, debout à gauche, scrute l'horizon à travers une longue-vue pointée vers la droite, l'air prudent et concentré
« Quinze ans, ça se mesure. Ça ne se prédit pas. »

Vous venez de céder votre entreprise, ou vous préparez votre retraite. Quelque part dans votre plan, une hypothèse est posée : « les actions rapportent X % par an ». Tout en découle : ce que vous pourrez dépenser, donner, transmettre. Ce chiffre mérite bien plus d'attention qu'on ne lui en accorde.

Quinze ans ne suffisent pas à lisser la Bourse

À long terme, les actions finissent par payer. C'est vrai en moyenne : depuis 1900, les actions américaines ont rapporté 6,6 % par an après inflation (UBS, Global Investment Returns Yearbook 2026).

Mais une moyenne sur 126 ans ne dit rien de vos quinze prochaines années. À partir des rendements annuels du S&P 500 publiés par Aswath Damodaran (NYU Stern, données 1928-2025), nous avons calculé les 84 périodes glissantes de quinze ans.

La période médiane rapporte environ 10,4 % par an. La pire (1929-1943) affiche −0,2 % par an. La meilleure (1985-1999), +18,8 %.

PériodeRendement annuel moyen1 $ devient
1985-1999+18,8 %13,25 $
2000-2014+4,2 %1,85 $
2011-2025+13,9 %7,08 $

Calcul Arkalyans d'après les données Damodaran : S&P 500, dividendes réinvestis, en dollars, avant inflation.

Après les meilleures périodes, la suite a été moins généreuse

Le plus instructif, c'est l'enchaînement. Après les quinze années exceptionnelles de 1985-1999, les quinze suivantes n'ont rapporté que 4,2 % par an. Sur la seule décennie 2000-2009, le S&P 500 a même perdu environ 1 % par an, dividendes compris.

Ce n'est pas un cas isolé. Dans notre calcul, 18 périodes de quinze ans ont dépassé 15 % par an et sont suivies de quinze années de données. À chaque fois, la période suivante a fait moins bien : entre 4,2 % et 11 % par an.

Prudence : ces fenêtres se chevauchent, ce ne sont pas 18 expériences indépendantes. La régularité interpelle tout de même.

Le Japon offre la version extrême. Le Nikkei avait culminé à 38 915,87 points le 29 décembre 1989. Il n'a refranchi ce sommet que le 22 février 2024, plus de 34 ans plus tard (Associated Press, 22 février 2024). Un indice hors dividendes, certes, mais une génération d'attente.

Les prévisionnistes eux-mêmes ne s'accordent pas

Sur 2011-2025, le S&P 500 a rapporté 13,9 % par an. La tentation est d'en faire la norme. Les grandes maisons de gestion sont plus réservées, et elles divergent.

J.P. Morgan Asset Management (édition 2027, octobre 2026) anticipe 7,5 % par an sur 10 à 15 ans pour les grandes capitalisations américaines, tout en reconnaissant que les valorisations offrent « peu de coussin ». Vanguard (modèle au 30 juin 2026) table sur 4,2 % à 6,2 % par an sur dix ans.

Deux estimations en dollars, avant inflation, impôts et frais. Entre le haut de l'une et le bas de l'autre : plus de trois points par an.

1 million d'euros, trois hypothèses, trois patrimoines

Faisons le calcul sur 1 000 000 € placés quinze ans, en euros constants (après inflation), sans retrait ni fiscalité.

Hypothèse réelleCalculCapital à 15 ans
7 % par an1 000 000 × 1,0715≈ 2 759 000 €
4 % par an1 000 000 × 1,0415≈ 1 801 000 €
0 % par an1 000 000 × 1151 000 000 €

Trois points d'écart par an, c'est environ 958 000 € de pouvoir d'achat en moins au bout de quinze ans. Et le scénario à 0 % n'a rien de théorique : c'est, en substance, ce qu'a vécu l'investisseur entré au sommet japonais de 1989.

Pour un dirigeant qui vient de céder, l'erreur coûte double. Un plan calé sur 7 % autorise des dépenses, des donations ou une retraite anticipée que 4 % ne financeront pas. On s'en aperçoit tard, souvent au moment où il faudrait vendre en baisse.

Trois garde-fous plutôt qu'une prévision

Une hypothèse prudente, puis un test de résistance. Le plan doit tenir avec un rendement réel modeste, et survivre à une mauvaise décennie en début de parcours, quand le capital est le plus élevé.

Une vraie diversification géographique. Au 30 septembre 2026, les États-Unis pesaient 72,94 % de l'indice MSCI World, et ses dix premières valeurs 27,85 % (MSCI, fiche de l'indice). UBS relève que la concentration du marché américain atteignait fin 2025 son plus haut niveau depuis au moins cent ans. Un « fonds monde » est d'abord un pari américain.

Un mélange d'actifs, rééquilibré. Depuis 1900, actions et obligations ont chacune perdu, à plusieurs reprises, plus de 70 % en termes réels. Un portefeuille 60 % actions, 40 % obligations n'a jamais reculé de plus de 50 %, selon UBS.

Trois questions à vous poser

  1. Quel rendement mon plan suppose-t-il, exactement ? Nominal ou réel, avant ou après frais et impôts : le chiffre est souvent implicite.
  2. Mon plan tient-il si les quinze prochaines années ressemblent à 2000-2014 ? Le test est simple, et rarement fait.
  3. Quelle part de mes actions dépend, en réalité, de la Bourse américaine ? Additionnez fonds, contrats et titres en direct.

Ce qu'il faut retenir

Sur quinze ans, le rendement des actions n'est pas une constante. Il a varié de presque zéro à près de 19 % par an, et les meilleures périodes ont été suivies de plus modestes.

Bâtir son plan sur les quinze dernières années, c'est conduire en regardant le rétroviseur. Mieux vaut une hypothèse prudente et une bonne surprise possible qu'une hypothèse flatteuse et une correction subie.

Chez Arkalyans, notre métier consiste précisément à cela : poser des hypothèses de rendement réalistes, éprouver votre plan face aux mauvais scénarios et construire un portefeuille diversifié qui le rende tenable.

Sur quel rendement votre plan patrimonial repose-t-il vraiment ?

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Avertissement

Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

Cette analyse repose sur des données historiques couvrant la période 1900-2025. Les résultats auraient pu être différents sur une autre période. Les rendements boursiers à long terme dépendent notamment du niveau de valorisation de départ, de l'inflation et, pour un investisseur en euros, du taux de change euro-dollar.

Cet article a une vocation purement éducative. Il ne constitue en aucun cas un conseil en investissement personnalisé.

Sources

Mots-clés

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