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Retraite : l'ordre des rendements compte autant que leur moyenne

• 5 min de lecture • Retraite

Dès que vous vivez de votre capital, l'ordre des bonnes et des mauvaises années boursières pèse autant que leur moyenne. Avec les mêmes 25 rendements annuels du S&P 500, un million d'euros soumis aux mêmes retraits est épuisé en 17 ans dans un ordre, et dépasse 3,2 millions d'euros dans l'ordre inverse. C'est le risque de séquence.

Le petit expert patrimonial tient un grand sablier à deux mains et l'examine de près, l'air songeur et un peu inquiet, comme s'il comprenait que l'ordre dans lequel le sable s'écoule change tout
« Même moyenne, autre histoire : tout dépend de l'ordre. »

Hélène et Bertrand ont cédé leur entreprise. Chacun place 1 million d'euros en actions et en retire 50 000 € la première année, puis 2 % de plus chaque année.

Leurs marchés connaissent les mêmes 25 années. Hélène les traverse dans l'ordre réel, de 2000 à 2024. Bertrand, personnage fictif, les vit à l'envers.

Au bout de 17 ans, Hélène n'a presque plus rien. Bertrand finit avec plus de trois fois sa mise.

Même moyenne, destins opposés

Nous avons repris les rendements annuels du S&P 500, dividendes réinvestis, publiés par Aswath Damodaran (NYU Stern, données mises à jour le 5 janvier 2026). Sur 2000-2024, l'indice a rapporté 7,6 % par an en rythme annualisé. Mais le départ est brutal : −9,03 % en 2000, −11,85 % en 2001, −21,97 % en 2002, puis −36,55 % en 2008.

ScénarioOrdre réel (2000 → 2024)Ordre inversé (2024 → 2000)
Sans aucun retrait6 272 841 €6 272 841 €
Après 3 ans de retraits518 766 €1 130 404 €
Au bout de 25 ans de retraitsÉpuisé dès la 18e année3 259 537 €

Calcul Arkalyans : 1 000 000 € au départ ; retrait en début d'année, 50 000 € puis +2 % par an ; rendements du S&P 500 en dollars, sans frais, fiscalité ni effet de change. Cas d'école 100 % actions, pas une allocation recommandée.

Sans retrait, l'ordre ne change rien : le résultat final est identique. Ce sont les retraits qui creusent l'écart. Au début de sa 18e année, Hélène n'a plus que 31 144 € pour un retrait prévu de 70 012 €.

Pourquoi les premières années pèsent si lourd

Retirer de l'argent d'un portefeuille en baisse, c'est vendre bas. Les titres cédés ne profiteront jamais du rebond.

En trois ans, Hélène a perdu près de la moitié de son capital. La reprise de 2003 s'applique à 518 766 €, plus à un million. Et chaque retrait pèse plus lourd : 5 % du capital au départ, plus de 18 % en 2009.

Bertrand, lui, encaisse les années noires en fin de parcours, sur un capital déjà gonflé.

Morningstar le confirme : dans ses simulations, un portefeuille en gain sur les cinq premières années de retraite n'avait ensuite qu'environ 4 % de risque de s'épuiser (Morningstar, The State of Retirement Income: 2025, 3 décembre 2025).

La « règle des 4 % » est née de ce constat

En octobre 1994, le planificateur américain William Bengen publie dans le Journal of Financial Planning l'étude à l'origine de cette règle (Bengen, 1994, reproduite par la Financial Planning Association). Sa cible : les retraits calculés sur des rendements moyens.

Sur les données américaines depuis 1926, avec un portefeuille moitié actions, moitié obligations du Trésor, un retrait initial de 4 %, revalorisé de l'inflation, n'a jamais épuisé un portefeuille en moins de 33 ans. À 5 %, c'est « risqué ». À 6 % ou plus, c'est un « pari ».

Morningstar actualise l'exercice chaque année : son édition 2025 situe le taux initial « sûr » à 3,9 %, pour 30 ans de retraite et 90 % de chances de succès, et jusqu'à 5,7 % avec des retraits plus souples.

Ces travaux portent sur le marché américain, hors frais et fiscalité : un ordre de grandeur, pas une règle. Ils supposent aussi un rendement, sujet de notre article sur la Bourse à quinze ans.

Et l'horizon est long. En France, l'espérance de vie à 60 ans atteint 27,9 ans pour les femmes et 23,9 ans pour les hommes (Insee, Espérance de vie à divers âges, données 2025 provisoires). Pour une retraite prise à 60 ans, un capital doit donc souvent tenir 25 à 30 ans.

Quatre leviers pour ne pas subir l'ordre des années

On ne choisit pas la séquence. On peut éviter qu'elle décide à votre place.

Une réserve de quelques années de retraits, en liquidités ou en obligations courtes, pour ne pas vendre d'actions au creux de la vague.

Un taux de retrait ajustable. Réduire un peu ses prélèvements après une mauvaise année protège le capital. C'est l'écart entre les 3,9 % et les 5,7 % de Morningstar.

Une allocation qui ne force pas à vendre en crise. Le panachage actions-obligations aide, sans rien garantir : en 2022, les obligations américaines à dix ans ont perdu 17,83 %, presque autant que le S&P 500 (−18,04 %), selon les données Damodaran.

Une vraie diversification, par classes d'actifs et par zones, pour qu'aucune crise unique ne frappe tout le portefeuille.

Côté enveloppes, les rachats partiels d'assurance-vie permettent, selon votre contrat, de moduler montant et calendrier. L'épargne d'un PER peut être versée en capital « en une ou plusieurs fois », sauf celle issue des versements obligatoires d'un PER d'entreprise, versée uniquement en rente (Service-Public.fr, Plan d'épargne retraite (PER), consulté le 27 octobre 2026). Leur fiscalité s'étudie au cas par cas.

Trois questions à vous poser

  1. Combien d'années de retraits pourriez-vous financer sans vendre une seule action ? Si c'est zéro, une baisse précoce vous force à vendre au plus bas.
  2. Quel taux de retrait votre plan suppose-t-il, et peut-il baisser ? Un retrait rigide est le plus exposé à une mauvaise séquence.
  3. Votre plan a-t-il été testé avec les mauvaises années en premier ? Une simulation sur la seule moyenne ignore ce risque.

Ce qu'il faut retenir

Sans retrait, l'ordre des rendements ne change pas le résultat final. Dès que vous puisez dans votre capital, il devient décisif, surtout pendant les premières années.

Le risque de séquence ne se prévoit pas. Il se prépare, avant le premier retrait.

Chez Arkalyans, notre métier consiste précisément à cela : éprouver votre plan de retraite face aux pires enchaînements, avant qu'ils ne surviennent.

Votre retraite résisterait-elle à trois mauvaises années d'entrée ?

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Avertissement

Tout investissement en instruments financiers, et tout support en unités de compte, comporte un risque de perte en capital. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. L'exemple chiffré est un calcul Arkalyans purement illustratif : il applique à un capital hypothétique d'un million d'euros les rendements annuels du S&P 500, dividendes réinvestis, en dollars, sur la période 2000-2024 (source : Aswath Damodaran, NYU Stern, données mises à jour le 5 janvier 2026), sans frais, sans fiscalité et sans effet de change ; l'ordre inversé est fictif et l'exemple ne correspond à aucun portefeuille réel. Les taux de retrait cités proviennent de William Bengen (Journal of Financial Planning, octobre 1994, données américaines depuis 1926) et de Morningstar (étude du 3 décembre 2025, hypothèses au 30 septembre 2025) ; ils portent sur le marché américain et sont indicatifs. Un portefeuille d'actions peut subir des baisses fortes et prolongées ; un investissement libellé dans une autre devise que l'euro expose au risque de change ; les obligations exposent au risque de taux et peuvent baisser en même temps que les actions, comme en 2022. Des retraits effectués après une baisse rendent la perte définitive.

Cet article est publié par ARKALYANS à des fins d'information générale et de présentation de ses services. Il ne constitue ni un conseil en investissement, ni une recommandation personnalisée en matière d'assurance, ni une consultation juridique ou fiscale, et ne tient pas compte de votre situation personnelle. Il ne constitue pas non plus une offre, une sollicitation ou une incitation à souscrire, acheter ou vendre un instrument financier ou un contrat d'assurance.

Un conseil adapté suppose l'analyse préalable de votre situation, de vos objectifs, de vos connaissances, de votre expérience et de votre tolérance au risque. ARKALYANS ne le délivre que dans le cadre d'une relation formalisée : remise du document d'entrée en relation, recueil de vos informations et, en assurance, de vos exigences et besoins, lettre de mission, puis conseil écrit et motivé.

ARKALYANS est conseiller en investissements financiers (CIF) et courtier en assurance, immatriculée à l'ORIAS sous le n° 26012232 (www.orias.fr).

Sources

Mots-clés

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